Bagages ? Check. Habits de soirée ? Check. Direction Genève pour le festival Voix de Fête. Calepin ? Non. Parce que, quand même, je suis là pour m’imprégner de l’ambiance et de la musique avant tout !

Pour rappel, cet événement pour les passionnés de chanson francophone réunit plus de 50 artistes (de Suisse et d’ailleurs) sur 5 jours dans différents lieux de la ville. Une fois sur place, j’aimerais pouvoir être partout à la fois et découvrir la longue liste de groupes à l’affiche. Mais bon, j’ai pas encore trouvé comment me dédoubler, ça viendra peut-être un jour. En plus de toutes ces salles, Bars en fêtes et La Lentille ajoutent encore plus de distractions qui rend toutes ces activités toujours plus chronophages.

C’est au Casino-théâtre que je décide de me diriger, avec une certaine hâte de découvrir Hector ou Rien sur scène en deuxième partie de soirée. Les concerts commencent avec l’artiste français Erwan Pinard, avec un set des plus surprenants. Un personnage bien déjanté, un savant de la provoc’ qui s’exprime sur les travers de la société et fait réagir le public par ses comiques mimiques. J’ai ris, sursauté dans certaines de ses performances et j’ai du coup moins ris. Mais j’ai tout de même bien apprécié cette découverte musicale. Un punk rocker qu’on risque pas d’oublier de sitôt.

On enchaine ensuite avec Hector ou Rien qui arrive sur scène avec une énergie vraiment touchante. Connaissant déjà Nicolas Vivier dans Kaceo, son autre projet musical, j’étais vraiment curieuse de le découvrir seul (ou presque), entouré de son décor tamisé. On y trouve une valise, la petite lampe de sa grand-maman, une grande lampe avec, dans le rôle du pied de lampe, le pianiste (véridique). On y voit aussi un cadre, un cintre pour sa chemise blanche, et… surtout, un Jean-Baptiste Bauer (alias Jean-Poulpe) très doué qui finit par quitter son rôle « secondaire » pour se diriger en peignoir vers son vrai rôle : le piano.

On entend une guitare, un ukulélé, des coups de baguettes sur une casserole aussi et un Hector (alias Nicolas Vivier) aux paroles touchantes et drôles. Personnage attachant et génie des mots selon moi, son expérience théâtrale (il est aussi auteur et metteur en scène) laisse couler une aisance d’écriture de sa plume subtile, surmontée d’une interprétation authentique et magnifique. Un moment intimiste qui me fait vivre d’intenses émotions et qui me porte jusqu’à la fin du spectacle. On a juste envie de dire un grand « ouaaah ». J’ai toujours été admirative de ses oeuvres inspirantes. Avec ce projet, on se rapproche un peu plus de son univers et de son ressenti personnel.

Le spectacle se termine déjà, mais pas sans un invité surprise : le « punk de salon » Fabian Tharin. Si son nom ne te dit rien, va le découvrir, il est lui aussi très particulier. Partageant une chanson assis au bord de la scène, le beau duo d’un instant finit en douceur avec cette pointe d’émotion séduisante. Le rideau se ferme, trop rapidement à mon goût. On en redemande encore !

Quelques minutes s’offrent à nous pour se dégourdir les jambes, savourer une boisson au bar et revoir de belles personnes. On se dirige à nouveau dans nos confortables fauteuils pour la dernière partie que je me réjouis de découvrir. Les Petits Chanteurs à la Gueule de Bois ; rien que le nom de ce trio barbu suisse m’interpelle. Quelque chose me dit que ce spectacle final s’annonce enivrant. Le premier morceau commence avec un vieux tourne-disque de l’époque placé sur le devant de la scène, diffusant de la musique avec un son bien de l’époque aussi. Le regard fixé sur leur poste de radio, leurs grands yeux se tournent soudainement vers le public dès que la musique se fige sur un seul mot (bien graveleux) répété en boucle. Je sens qu’on va beaucoup rigoler.

J’ai bien aimé leur univers très grivois et parodique, mais 5 minutes. Poésie coquine oui, mais sans interruption, j’avoue m’être rapidement lassée par des textes trop monotones à mon goût. Avec plus d’une heure de concert, ça devenait un peu long pour moi. La musique est tout de même très intéressante et bien menée. Un guitariste, un violoncelliste et un batteur dirigent la danse par leurs rythmiques entraînantes et leurs sonorités festives, avec une très bonne interaction avec le public. Les trois compères savent y faire pour amuser la galerie en faisant rire les gens de bon coeur par leurs blagues érotiques, mais quand même avec un peu de poésie dedans, j’avoue.

Une très sympathique soirée remplie de poésie en tout genre, de la plus subtile à la plus décalée. BRAVO l’équipe ! Avec toujours une programmation de grande qualité, c’est une expérience que je vous recommande de tenter au moins une fois à la belle Genève. En plus, ils ont des vins plutôt bons (mais ça vaut pas les vins valaisans, on est d’accord 😛 ). J’aurais quand même aimé assister aux autres concerts mais, qui sait, j’aurai peut-être reçu mon clone l’année prochaine. Réserve déjà du 16 au 22 mars 2020 pour la prochaine édition. Pour ma part, c’est déjà noté.

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