Il y a de ces musiciens qui mêlent les libertés offertes par la musique électronique moderne avec le caractère unique des sons analogiques. Un parti pris que notre artiste du mois apprécie particulièrement. Michael « Maaïk » Pellegrini, compositeur poly-instrumentiste genevois, nous offre un aperçu de son habileté à manier boutons, potentiomètres, touches de clavier et modulations.
Maaïk Pellegrini commence son aventure musicale en apprenant le saxophone, instrument qu’il pratique encore à l’heure actuelle. Sa curiosité lui permet notamment de toucher à plusieurs instruments acoustiques et électroniques, dont la basse, les percussions, les synthétiseurs de toutes sortes. Il développe un amour tout particulier pour les synthés analogiques, avec lesquels il exprime toutes les nuances d’un instrument acoustique. Il profite aussi de la liberté qu’offre ces dispositifs, de la combinaison de sons à la modulation d’autres instruments de son setup.
Setup qui pourrait faire penser au cockpit d’une navette spatiale, tant l’impressionnante quantité de boutons et lumières clignotantes ferait transpirer n’importe quel non-initié. Même si tout ça nous paraît très abstrait, le genevois nous en explique les rouages avec une grande simplicité. Après la mise en place de plusieurs claviers et machines branchées entre elles par une série de câbles emmêlés, quelques tests et réglages, le voilà fin prêt pour le showcase. La performance demandant une grande concentration et une dextérité très fine, il nous démontre avec une facilité déconcertante que de connaître son matériel sur le bout des doigts s’avère capital dans ce style de musique. « Ce qui est intéressant avec ces instruments, c’est qu’on se rend compte assez vite qu’il ne s’agit pas que d’appuyer sur un bouton pour créer un morceau, nous indique-t-il dans notre interview. Chaque synthé peut être adapté à son propre usage, ce qui laisse une énorme liberté créative ».
Cette liberté, il nous la fait vivre aussi dans sa dernière création « Multi-Tâches », un concert narratif et immersif où on se plonge dans ses pensées projetées en direct tout en flottant au gré des notes. Ce concept illustre de manière poétique notre train de vie moderne ultra occupé et notre propension à vouloir tout gérer en même temps. Un choix artistique qui révèle l’envers du décor du spectacle, où on se sent comme si on était avec lui, dans sa tête.
Et pour ajouter une autre corde à son arc, Maaïk Pellegrini met aussi à profit son expérience à l’attention des talents en devenir et propose des sessions d’accompagnement sur mesure. Après une formation de coaching artistique certifiée, il en ressort grandi dans sa manière d’aborder la musique et porte un regard plus approfondi sur l’humain derrière l’artiste. « Ce dont j’ai appris lors de cette formation, c’est que l’on parle surtout à l’émotionnel de l’élève, précise Maaïk Pellegrini. Mon rôle n’est pas de donner des conseils tout faits. Je suis en quelque sorte le miroir qui pousse les élèves à la réflexion pour leur permettre de trouver leur chemin par eux-mêmes. »
Pour la suite, on te laisse en découvrir un peu plus sur cet homme plein de surprises dans notre interview exclusive de près de deux heures. On y aborde son parcours, sa philosophie, ses découvertes et ses instruments de prédilection.